Aller au contenu
Les Cousins · journal de pisteLe spectacle de rue, tenu par écrit

Chantier VI · Métier de rue

Le métier de la rue, au quotidien

Le métier de la rue et de la petite forme : cachets, saisons, réseaux, formation, et la vie d’une compagnie de spectacle vivant hors des murs.

Coulisses de fête de rue en soirée, trois artistes en tenue de scène replient des câbles autour d’une caisse en bois, guirlandes et échafaudage du décor en arrière-plan.

Vivre du spectacle de rue se joue d’une saison à l’autre, sur des cachets, des dossiers et des réseaux, avec une particularité qui tient tout le métier : le lieu de travail est public, ouvert, et jamais deux fois le même. Ce chantier rassemble les légendes qui regardent l’année d’une compagnie et les chemins qui mènent au métier.

Cachets, cachetons, minimum garanti

Le cachet d’un artiste du spectacle vivant public part d’un minimum conventionnel, se monte selon la durée de travail et la qualification, et s’accompagne de cotisations, de congés spectacles et de défraiement. Pour une petite forme, l’équilibre d’une année ne se joue pas sur le taux du cachet : il se joue sur le nombre de dates, la distance entre elles, et la part de temps non payé. La légende sur les cachets, saisons et réseaux reconstitue l’année mois par mois.

L’année d’une compagnie de rue

Les trois temps d’une année de compagnie de rue
SaisonCe qui s’y joue
AutomneDossiers, candidatures aux festivals, conventions de coproduction
HiverFabrication, résidences, écriture, répétitions en intérieur
Printemps et étéSaison des places, festivals, communes, tournées

Réseaux, bureaux, résidences d’écriture

Les réseaux professionnels, plates-formes de diffusion et temps forts de la filière donnent de la visibilité, pas des dates. Ils coûtent une adhésion et des déplacements, et ils servent surtout à savoir qui fait quoi. À côté, les structures d’accompagnement portent la production administrative, le poste le plus sous-estimé d’une année, et celui qui décide le plus silencieusement de la saison suivante.

Apprendre et transmettre

  • Les écoles du cirque et des arts de la rue donnent le corps, le temps et la fabrication ; la place donne le reste, et il ne se certifie pas.
  • La transmission se fait par continuité, dans une compagnie qui embarque pour une saison, puis sur une place, pendant un montage.

La légende sur la manière d’apprendre le métier de la rue suit ces trois chemins, de l’école au bénévolat de festival. Ce chantier conclut sur ce qui tient le métier : ni assurance ni carte professionnelle, mais une chaîne de personnes qui apprennent sur les places et transmettent de la même façon, un an en avance sur ce qu’elles vivront l’été suivant.

Sur ce chantier

  1. Sur une table en bois éclairée par une lampe d’archives, une affiche de spectacle dépliée, un programme froissé et une feuille de route manuscrite posés côte à côte, cadrés à plat, lumière rasante.

    Ce qu’une tournée laisse derrière elle

    Photographies de presse, affiches, programmes et relevés de dates : ce qu’une compagnie conserve après une tournée et ce qu’un lecteur extérieur peut

  2. Un chapeau de feutre posé au sol sur une place pavée, quelques pièces de deux euros et un billet de cinq visibles à l’intérieur, lumière rasante de fin d’après-midi, cadrage serré à hauteur de trottoir.

    La quête après le spectacle : chapeau, pièces et billets

    Comment se pratique la quête dans le spectacle de rue : chapeau, pièces, billets, usages du liquide et ce que la monnaie dit du public et du moment.

  3. Une table de jeu en bois sous une lampe basse, jetons alignés par valeurs, un registre ouvert et un stylo posé dessus, une chaise vide reculée derrière la table.

    Tenir une table de jeu avec du public

    Règles annoncées, limites, gestion des perdants : ce qui se décide avant d’ouvrir une table de jeu plutôt que pendant la partie.

  4. Une table de cuisine en fin d’après-midi, lumière rasante par la fenêtre, dossier ouvert avec plan de masse, attestation d’assurance et stylo posé sur une enveloppe timbrée.

    Autorisation de jouer sur un terrain : le dossier

    Permis, calendriers, interlocuteurs et pièces à fournir pour obtenir l’autorisation de jouer sur un terrain : délais réels selon la nature du lieu.

  5. Sur une table de régie en bois, un classeur ouvert avec des coupures de presse datées, un stylo posé en travers et une lampe de bureau allumée, cadrage serré à hauteur de table, lumière rasante de fin d’après-midi.

    Revue de presse d’une tournée : vérifier avant de reprendre

    Comment une compagnie de rue trie annonces locales, coupures et invitations, et ce qu’elle vérifie avant de reprendre une information dans un dossier.

  6. Panneau d’affichage municipal devant une mairie de petite ville, affiches de fêtes épinglées, une rue commerçante en arrière-plan.

    La rue comme scène : ce qu’un calendrier municipal publie vraiment

    Une ville qui publie ses jours de fête dit déjà où la rue devient scène : le calendrier municipal est le premier document que le porteur de petite forme doit savoir lire.

  7. Local de répétition en hiver, interprètes en couches de vêtements devant un radiateur d’appoint, souffle visible dans la lumière froide.

    Le local trop chaud ou trop froid : le confort du lieu de travail

    La grange en hiver et le gymnase en août ont le même ennemi : un climat qui use le corps avant le premier geste, et que la compagnie peut traiter comme une donnée technique.

  8. Interprète seul sur le pavé d’une place, chronomètre posé sur une caisse, cercle de spectateurs encore clairsemé.

    Vingt minutes sur le pavé : ce que tient vraiment un format court

    Le format court se chiffre : vingt minutes de jeu dehors se décomposent en installation, numéros et blancs, et chaque minute de parole a son prix.

  9. Rue piétonne bondée un soir de juin, musiciens et passants mélangés, affiches de la Fête de la Musique sur les vitrines.

    Jouer le 21 juin : ce que la Fête de la Musique change à la rue

    Un jour par an, la rue entière devient plateau : le 21 juin donne à la petite forme un public qu’elle n’a pas à chercher, et des contraintes qu’elle ne choisit pas.

  10. Bureau de compagnie en sous-sol en novembre, calendrier de saison annoté au feutre au mur, dossiers de candidature empilés entre une plante et une lampe d’atelier.

    Cachets, saisons et réseaux : l’année d’une compagnie

    Une année de rue se joue à trois moments : les dossiers d’automne, les festivals d’été, l’hiver de fabrication. Entre les trois, on vit.

  11. Cour d’école de cirque en fin de stage, jeunes régisseurs en basket plient un tapis de protection sous l’œil d’une professeure, cordes et agrès au fond.

    Apprendre le métier de la rue : écoles et chantiers

    Aucun diplôme ne fait un régisseur de rue : il y a des écoles qui forment, des compagnies qui transmettent, et des places qui enseignent le reste.

Les chantiers voisins, Aire de jeu et En tournée, ouvrent la même méthode depuis d’autres angles, et la façon dont chaque légende est tenue est écrite sur la page à propos.