Chantier VI · Métier de rue
Accrochage du véhicule de la compagnie : que faire ?
Constat, photos, devis écrit, franchise, libre choix de l’atelier : la marche à suivre quand le véhicule d’une compagnie de rue est accroché en tournée.
Un accrochage sans blessé sur le véhicule de la compagnie se règle en quatre temps : constater et photographier le dégât, remplir le constat si un tiers est en cause, obtenir un devis écrit, puis comparer ce devis à la franchise du contrat avant de décider de déclarer ou non le sinistre. Le choix de l’atelier reste libre, et le calendrier de tournée se protège dès la première heure.
Entre un montage dans une ruelle et un déchargement en marche arrière guidée à pied, le fourgon d’une petite forme touche parfois un poteau, une borne ou la portière d’un riverain. Le dégât est souvent modeste, la gêne ne l’est pas, parce que le véhicule porte tout le matériel de la date suivante. Pour un pare-chocs plié ou une aile griffée, la Carrosserie Huveaune, à La Penne-sur-Huveaune, propose un devis gratuit établi à partir de photos et reçoit les automobilistes de la vallée de l’Huveaune, d’Aubagne à Marseille Est.
Que faire sur place, avant même de repartir ?
La première minute sert à sécuriser : feux de détresse, personne hors du passage des voitures, matériel recalé dans la caisse si un flight case a bougé. Ensuite viennent les faits. Si un tiers est impliqué, le constat amiable se remplit sur place, signé par les deux conducteurs, avec le nom de la rue, l’heure et l’état des lieux. Si le véhicule a seulement touché du mobilier urbain, quelques photos et le nom de la commune suffisent pour la suite. Le régisseur prévient aussi l’organisateur de la date : un retard de vingt minutes annoncé tôt se gère, un retard découvert au montage se paie.
Quelles photos envoyer pour obtenir un devis à distance ?
Un devis sur photos demande peu de matériel et beaucoup de méthode. Trois vues suffisent en général : le véhicule entier du côté touché, le dégât de près, puis un troisième angle, de biais, qui révèle les creux. Les clichés se prennent de jour, à l’ombre, sur une carrosserie aussi propre que possible. Il faut y joindre le modèle et l’année du véhicule, parce que la teinte et les capteurs cachés dans un pare-chocs changent le chiffrage. Un devis donné sur images reste une première estimation : si un doute demeure, un atelier honnête le dit et propose de voir la voiture.

Déclarer à l’assureur ou régler soi-même ?
Quand le dommage est léger, la franchise du contrat peut dépasser le coût réel de la remise en état. La comparaison est simple : le montant du devis d’un côté, la franchise inscrite au contrat de l’autre. Si le devis est plus bas, la compagnie peut choisir de payer directement, mais cette décision dépend de son contrat, de la présence d’un tiers et des délais de déclaration qu’il fixe. Dès qu’un autre véhicule est en cause, le constat doit être transmis dans les délais, quel que soit le montant des travaux. Un devis détaillé, poste par poste, se lit sans peine par un assureur et facilite l’échange.
Qui choisit l’atelier ?
Le contrat d’assurance n’impose pas l’atelier de l’assureur : le libre choix du réparateur est un droit de l’assuré. La compagnie peut donc retenir l’atelier le plus proche de sa route de tournée plutôt que celui d’une liste. Les conditions générales du contrat et les repères du secteur se retrouvent auprès de la fédération des assureurs, France Assureurs. Avant de laisser le véhicule, il vaut mieux demander la durée prévue de l’immobilisation et la date de restitution, par écrit.
Le bon premier geste selon la situation
| Situation | Premier geste | Pièce à garder |
|---|---|---|
| Choc contre un poteau, sans tiers | Photographier, demander un devis écrit | Photos datées et devis |
| Contact avec un autre véhicule | Remplir le constat amiable sur place | Constat signé |
| Rétroviseur arraché au passage | Photographier et signaler à l’organisateur | Photos et message envoyé |
| Pare-chocs fendu, véhicule roulant | Vérifier feux et fixations avant de reprendre la route | Photos et devis |
Ce tableau ne remplace ni le contrat ni le constat : il sert à décider vite, sur le parking, sans improviser.
Comment ne pas perdre la date suivante ?
Un véhicule immobilisé coûte moins cher quand la tournée a prévu une marge. Les points à régler tiennent en peu de lignes :
- prévenir l’organisateur de la date suivante avant de quitter la rue, avec une heure d’arrivée réaliste ;
- demander à l’atelier un créneau de dépôt compatible avec le planning, et une date de restitution écrite ;
- repérer un véhicule de remplacement ou une location pour le matériel, si l’immobilisation dépasse un jour ;
- noter l’incident dans le carnet de bord du véhicule, avec le kilométrage et les photos.
La conduite d’une semaine de tournée prévoit déjà ces glissements : la page sur la conduite au jour le jour montre comment décaler un départ plutôt que de le comprimer, et c’est le même réflexe qui sauve une date après un choc.
Ce que la compagnie garde dans son carnet de tournée
Le dossier d’un accrochage tient dans une pochette : photos, constat s’il existe, devis, échange avec l’assureur, facture. Il rejoint le carnet de bord décrit dans l’article sur le véhicule d’une petite forme en tournée, à côté des pressions de pneus et des échéances d’entretien. Ce dossier sert deux fois : à justifier la dépense dans le budget de la tournée, et à dater l’état du véhicule à la restitution. Les cachets et saisons gagnent à intégrer une ligne « imprévus de route », décrite dans cachets et saisons, pour qu’une franchise ne mange pas un cachet.