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Les Cousins · journal de pisteLe spectacle de rue, tenu par écrit

Chantier V · Coproduction

Comment une création est coproduite

Comment une scène nationale ou un festival coproduit une création de rue : apports, résidences, conventions, et ce que chacun y gagne.

Hall de théâtre en fin de réunion, trois programmateurs et une directrice de compagnie signent une convention autour d’une table basse, tasses et plans de scène posés.

Coproduire une création de rue, c’est s’associer à une œuvre avant qu’elle existe : avec un apport, une contrepartie, et une place autour de la table. Ce chantier regarde le papier et le temps de fabrication, du côté des décideurs autant que de celui de la compagnie.

Apports en argent, apports en nature

Les apports se présentent sous trois formes : du numéraire, versé par tranches ; de la nature, salle, matériel, personnel, hébergement ; et l’accueil de création, qui est un temps mis à disposition plutôt qu’une somme. La difficulté tient à l’évaluation : un apport en nature qui n’est pas chiffré reste invisible, et il fausse le partage des parts comme le bilan de la fabrication. La légende sur les apports et contreparties lit une convention ligne par ligne.

La convention, pièce par pièce

Les clauses qui font une convention de coproduction lisible
ClauseCe qu’elle fixe
Objet et périmètreCe qui se fabrique, pour quand, et qui décide des choix d’écriture
Apports et calendrierLa part de chacun, chiffrée, et les dates de versement ou de mise à disposition
Contreparties et mentionsAffichage, logos, premières, accès aux répétitions, partage éventuel de recettes
Droits et captationLa propriété de l’œuvre, la licence d’exploitation, qui filme et qui diffuse

Résidences et accueil studio

La part la plus précieuse d’une coproduction est souvent un temps plutôt qu’une somme : des semaines continues sur un lieu équipé, où une forme se construit à l’échelle et se règle sans remonter à chaque fois. Ce temps se négocie comme un apport, se compte en heures, et se ferme par une restitution. La légende sur les résidences de création en tient le compte du premier au dernier jour.

Ce que chacun y gagne

  • La compagnie obtient un temps de fabrication qu’elle ne peut pas s’offrir seule, et des partenaires qui portent le spectacle avant sa première.
  • Le coproducteur obtient une œuvre associée à son nom, une première sur son territoire, et une place dans un dossier qu’il défendra devant sa propre collectivité.

Ce chantier conclut sur une coproduction équilibrée : chacun y gagne à condition que les parts soient écrites, chiffrées et tenues. Le reste de l’année, et la manière dont ces papiers deviennent une saison, se lit dans la légende sur les cachets, saisons et réseaux.

Sur ce chantier

  1. Une table de salle des fêtes en fin de séance, feuilles manuscrites numérotées, stylos et gobelets, lumière de fin d’après-midi par la fenêtre, cadrage serré sur les pages.

    Atelier d’écriture avec les habitants en coproduction

    Comment une coproduction confie un atelier d’écriture aux habitants : commande, recueil, relecture, place du texte joué et restitution publique.

  2. Grange aménagée d’un domaine rural, tapis de répétition déroulé, chaises et instruments rangés le long du mur de pierre.

    Une résidence dans un domaine : ce que le lieu qui accueille change

    La résidence hors des murs change le rythme de la création : le domaine qui accueille offre le gîte et l’atelier, et la convention écrit ce que chacun apporte.

  3. Allée d’un parc patrimonial bordée d’arbres anciens, une petite forme installée sur la pelouse, spectateurs debout à distance des massifs.

    Jouer dans un site patrimonial : ce que le lieu demande à la forme

    Le patrimoine accueille le spectacle de rue à condition que la convention protège le lieu : un parc ou une demeure n’est pas une place, et la fiche le dit.

  4. Salle de séjour d’un centre de vacances le soir, chaises et bancs en demi-cercle, deux interprètes devant un lampadaire d’appoint.

    Monter un spectacle de veillée : la petite forme en séjour collectif

    La veillée est le plus vieux format du spectacle improvisé : une salle de séjour, un public assis par terre, et une forme qui tient dans ce que l’équipe a apporté.

  5. Table de réunion éclairée par une fenêtre d’atelier, une convention de coproduction annotée au crayon gris, deux paires de lunettes posées de part et d’autre.

    Apports et contreparties : lire une convention

    Une convention de coproduction tient en quelques pages, mais chaque ligne pèse : ce qui se donne, ce qui se doit, et ce qui se mentionne obligatoirement.

  6. Gymnase communal transformé en atelier de création, structures de spectacle au sol, chaises pliantes en cercle et thermos posés sur une table de ping-pong.

    Résidences de création : ce qu’elles donnent et coûtent

    Trois semaines dans un gymnase communal changent une création : de l’atelier payé aux répétitions en conditions réelles, le compte reste à tenir.

Les chantiers voisins, Fiche technique et Jauge, ouvrent la même méthode depuis d’autres angles, et la façon dont chaque légende est tenue est écrite sur la page à propos.